Anne ALVARO & François RAULIN « Colporteurs »

Après une première création en 2016 sur  l’histoire du dernier indien « sauvage »  d’Amérique la comédienne Anne Allvaro et le pianiste François Raulin se retrouvent a nouveau sur scène pour une créatlon ou la musique, composée ou lmprovisée,, rencontre librement les mots et l’écrlture sur le thème des colporteurs

 

Anne Alvaro et François Raulin extraient de leur besace de biens jolies pépites textuelles et musicales. Leurs points communs ? Dispenser une parole, éminemment poétique, issue de divers colporteurs, venus de différents continents. De sa voix chaude, vecteur idéal d’émotion, la grande comédienne nous fait découvrir ou redécouvrir ces contes historiettes ou anecdotes transmises par des amoureux des mots.

En guise de fil rouge ? Notes de chevet, de Sei Shônagon, œuvre majeur de la littérature nippone. L’auteure, dame de compagnie de l’impératrice durant les années 990, y consigne toutes ses impressions, de façon sensible et inspirée. Ces innombrables récits courts représentent une manne au sein de laquelle pioche le duo pour émailler son parcours. Lequel court le monde, en se rendant aussi du côté du continent africain, si chéri par François Raulin. Le pianiste aura tout loisir d’extraire de sa malle certains de ses précieux sanzas (pianos à pouce africains) dont il joue à merveille. Le son d’un xylophone ou d’un melodica viendront aussi seconder, à l’occasion, les cordes de son piano.

De façon écrite ou improvisée, le piano de françois Raulin jouera avec la voix d’Anne Alvaro en l’accompagnant parfois, en lui laissant toute la place ou en s’octroyant quelques moments de sol|tudes_ 

Une jolie conversation entre deux artistes complices.

textes de Nicolas BOUVIER « L’usage du Monde »

Sei SHONAGON  » Notes de Chevet »

Eduardo GALEANO  ‘Le chasseur d’histoires »

Hamadou HAMPATE-BA  « L’enfant Peul » 

Jean Joseph ESMIEU  » la vie pénible et laborieuse du colporteur Esmieu « 

 

 » …Il y avait le colporteur,
qui sortait de sa hotte
toutes les menues merveilles de la pacotille

de la bimbeloterie et de la mercerie. toiles, graines, fleurs, lunettes
couteaux, rasoirs, boisseaux et mesures, 
instruments de ménage en bois

et les traîne-bazar qui vendaient casseroles et cuillers, lampes, porte-monnaie, miroirs et savonnettes, bien emballées dans la sciure de bois.

Il y avait les marchands de graines de semence la panière sur le dos

Il y avait les herboristes et les marchands de drogues, les médecins sans diplômes et les vétérinaires marrons. les marchands de médecine et de savoirs portant en bandoulière dans leur grosse boîte à compartiments, cataplasmes et vésicatoires aloès, antimoine,
huile de cade, acide phénique, purgatifs sirop vermifuge 
et l’inevitable arnica pour soigner
le « chaud-de-froid » des hommes, les « sang tournés » des femmes, et les vers des enfants. 
– jamais de chirurgie, ni de rhabillage .

Il y avait les arracheurs de dents … »

Colporteur
Extrait Concert de création, mars 2019