Raulin piano solo

“Ostinato”  - sortie décembre 2009
ANTICRAFT 2009 - Label Forge

 

Vive le jazz. Cologne, Allemagne. 08/10
François Raulin (p) solo

"Ce qui frappe d’emblée chez François Raulin quand on l’entend en solo c´est la densité du discours. Densité mélodique, harmonique et rythmique.
Les accords touffus, les brisures rythmiques, les basses telluriques sous-tendent tantôt des mélodies souvent simples voire minimalistes, de petites ritournelles obsédantes dont la ligne de chant se décale progressivement dans un style qui pourrait évoquer le Dollar Brand des années 70, tantôt des envolées de main droite d’une richesse mélodique et rythmique hallucinante.
Mais c’est aussi et surtout Lennie Tristano – à qui le pianiste grenoblois a souvent fait référence – qu’évoque le jeu de Raulin. Par le toucher d’abord, très physique, au fond des touches, et en cela charnel derrière une apparente austérité dans la forme héritée de Bach, influence qu’il a en commun avec le pianiste chicagoan. Par le débit ensuite, qui parfois évoque ce “maelström” dont Tristano a utilisé le nom pour intituler un de ses plus fameux morceaux. Par la maîtrise et l’usage de la résonance enfin, dont Raulin se sert comme d’un halo sonore pour donner au piano une dimension orchestrale.
Car c’est autant le compositeur que l’instrumentiste qu’on entend à travers ce solo intense : rigoureux, exigeant, virtuose et porteur d’un discours dont la beauté sonore et la cohérence formelle se dévoilent au fur et à mesure d’un concert dont la dimension lyrique ne se donne à entendre qu’au prix d’une extrême attention de l’auditeur, qui est le pendant de l’investissement du musicien.
Rien d’étonnant, donc, dans le fait que le seul standard de ce répertoire soit “Lotus Blossom” écrit par l’immense Billy Strayhorn. Strayhorn, Tristano, Monk (au passage), Brand et Raulin : une filiation qui explique que ce dernier sonne de façon aussi moderne et intemporelle et qu’il puisse faire défiler sous ses doigts tout un pan de l’histoire du jazz sans tomber dans le patchwork ou l’hommage tel qu’ils se pratiquent de plus en plus souvent, sans compter un brin d’humour final quand, après une thème débridé qui pouvait évoquer Keith Jarrett il remercie ses hôtes allemand de l’avoir invité à donner son propre « Köln Concert ». François Raulin : une voix singulière sur le piano et un musicien littéralement « habité »."
Thierry Quénum / Jazz Magazine

CHOC Jazzman-Jazz Magazine / janvier 2010
Sorties CD du Nouvel Observateur
4 étoiles sur les Dernières Nouvelles du Jazz

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